Abstract

Since its publication in 1919, John Maynard Keynes's Economic Consequences of the Peace has left a deep imprint on interpretations of the Treaty of Versailles and subsequent reparations discussions. Current scholarship on the treaty has accurately reassessed Keynes's conclusion that French peace aims were purely vindictive, but it has erroneously claimed that Consequences was a biased book barely read in France. By placing the reception of Consequences in the context of domestic French debates on the Versailles peace in 1920, this article demonstrates instead that Keynes's book was substantially discussed in France and that it garnered supporters among academic economists and on the left. Furthermore, examining the French networks that helped Keynes publish a translation of his book in the prestigious Nouvelle revue française problematizes his alleged Germanophilia.

Dès sa publication en 1919, Les conséquences économiques de la paix de John Maynard Keynes a profondément influencé les analyses faites par les contemporains et les historiens sur le Traité de Versailles et la question des réparations allemandes. Aujourd'hui, l'historiographie concernant ces questions a beaucoup nuancé l'argument de Keynes selon lequel le traité avait imposé une « paix carthaginoise » à l'Allemagne. Mais elle a aussi erronément conclu que Les conséquences était un livre biaisé et par conséquent peu lu en France. En contextualisant les réactions au livre de Keynes dans les débats politiques français sur la paix de Versailles, cet article démontre qu'en fait, le livre a été considérablement discuté en 1920 et qu'il a réuni l'appui des économistes et de la Gauche. Par ailleurs, l'article problématise l'idée que Keynes fut un germanophile en analysant comment ses réseaux parisiens l'ont aidé à publier la traduction des Conséquences dans la Nouvelle revue française.

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